Bonjour à tous, je vous propose de vous emmener pendant quelques jours à l'autre bout du monde, aux antipodes de la France (presque 36 heures de voyage avec les escales !). Il s'agit bien sûr de la Nouvelle Zélande où j'ai eu la chance de me balader pendant 3 semaines à l'automne dernier. Je vous préviens tout de suite, ce sont surtout des oiseaux que nous avons vus (vous me connaissez !) et je n'ai pas grand chose d'autre en magasin (à part quelques cétacés et pinnipèdes).
Voici le trajet que nous avons fait sur l'île du Nord. Les pointillés représentent les trajets en bateau.
Une fois arrivé à Auckland (la capitale économique), la première chose qui étonne l'ornithologue européen est le chant des oiseaux : ils sont connus ! En effet, les premières espèces que l'on voit et que l'on entend sont des oiseaux européens introduits par les colons britanniques au 19ème siècle. On retrouve donc des chardonnerets, des moineaux, des pinsons, des verdiers, des alouettes, des merles, des étourneaux, des grives etc ... on n'est pas perdu !
1. Chardonneret élégant Carduelis carduelis
Arrivé assez tôt, je me promène autour de mon hôtel pour chercher quand même quelques espèces néo-zélandaises à immortaliser, mais c'est difficile tellement les espèces introduites sont nombreuses. Je trouve quand même un endroit où je peux m'asseoir : un petit trou d'eau près de l'hôtel où quelques espèces intéressantes ne vont pas tarder à se montrer.
Le lendemain, c'est le grand départ. Nous nous arrêtons d'abord le long de bras de mer pour admirer quelques anatidés.
4. Canard bridé Anas rhynchotis
5. Sarcelle australasienne Anas gracilis
Un peu plus au nord, nous trouvons le long de la mer de Tasmanie une belle colonie d'oiseaux de mer. Les fous se sont installés sur le rocher qui se découpe de la côte.
Quelques espèces un peu plus petites sont présentes et parfois j'arrive à détacher mon regard des incessants va et vient des fous pour essayer de les cadrer.
Laurence et moi regardions un reportage sur la Nouvelle Zéelande récemment et nous y avons découvert le fameux oiseau sans aile appelé "kiwi" alors Il est très timide parait il mais bon... T'en as vu????
Sinon... vivement la suite
Alex
Nature et liberté sont les deux essentiels à préserver
www.natur-ailes.net
On retrouve donc des chardonnerets, des moineaux, des pinsons, des verdiers, des alouettes, des merles, des étourneaux, des grives etc ... on n'est pas perdu !
Comment, pas d'autruche ?
OK, OK, je me tiens sage. Et j'attends la suite, même sans gros oiseaux sans ailes (sans ailes fonctionnelles, du moins).
Les fous, en colonie ou individuellement, sont terribles ! Et M'dame Mouette aussi.
Merci pour le partage, Frédéric !
grosso modo
Bernard
http://www.safari-tanzanie.net
Merci à vous tous pour vos commentaires, c'est très encourageant ! Alex, oui la Nouvelle Zélande est le pays des kiwis. J'en ai vu, mais pas de bonnes photos (dommage !). On continue avec un taxon très très très menacé. Pour vous dire, il est endémique de Nouvelle Zélande et il ne reste que 43 adultes (dont 8 couples reproducteurs). Autant vous dire que la zone de reproduction est surveillée par des gardes. Nous avons eu beaucoup de chance : un adulte est venu pêcher devant nous !
12. 13. Sterne néréis de Nouvelle-Zélande Sternula nereis davisae
Un petit arrêt sur le chemin dans une zone bien marécageuse nous a permis de trouver deux mégalures. Faut les repérer au chant, sinon, c'est impossible, car elles sont beaucoup trop planquées dans la végétation.
14. Mégalure matata Bowdleria punctata
Pour le pique-nique, quelques mouettes réclament (pire que la mouette de Gaston Lagaffe, nom d'une pipe !)
15. Mouette scopuline Larus scopulinus
Un petit peu plus tard, en soirée, nous sommes accueillis par une bénévole qui travaille sur la protection des kiwis. Pour nous mettre en bouche, elle nous emmène voir une chouette qui attend la nuit noire avant de s'envoler.
16. Ninox boubouk Ninox novaeseelandiae. Son drôle de nom anglais "Morepork" vient probablement de son chant, mais quelle idée d'appeler une chouette "un peu plus de cochon", non ?
Son drôle de nom anglais "Morepork" vient probablement de son chant
Remarque, Ninox boubouk, c'est pas mal non plus
Je remarque que les noms "vernaculaires" (?) français de certains oiseaux que tu nous présentes ne sont pas, pour une fois, calqués sur les noms scientifiques, mais font preuve d'une certaine fantaisie. A quoi cela tient-il ? La présence de ces oiseaux dans d'anciennes colonies francophones ?
Vincent et Alex : la sterne néréis a été victime des nombreux prédateurs introduits en Nouvelle-Zélande. A l'origine, il n'y avait pas de mammifères terrestres. On ne trouvait que des chauve-souris, des cétacés et des pinnipèdes. Les premiers envahisseurs furent les rats, introduits comme source de nourriture par les Mahoris. Puis les colons anglais ont voulu lutter contre les rats et ont introduit des chats et des mustelidés (hermine et putois). L'opposum fut introduit pour le commerce de la fourrure. Tous ces mammifères ont complètement modifié les écosystèmes en s'attaquant aux oiseaux. Actuellement, c'est l'hermine en tête suivie des rats et des opposums qui font le plus de dégâts. Pour en revenir à notre sterne, elle est également menacée par le dérangement humain. Elle niche en effet sur des plages et des estuaires qui sont malheureusement trop fréquentés par les hommes (et de nombreux chiens). Catherine, je ne sais pas du tout pourquoi les noms vernaculaires français sont si fantaisistes. Je ne pense pas que cela vienne de colonies francophones, car ces espèces nichent surtout en Nouvelle-Zélande et en Australie qui sont bien anglophones.
Continuons notre balade. Pour situer sur la carte, nous sommes au point le plus au nord que nous ayons atteint. Nous sommes donc partis de nuit à la recherche des kiwis. Ces oiseaux sont vraiment à part. Ils se rapprochent plus de la biologie des mammifères que des oiseaux. Ils sont nocturnes, ne volent pas, et recherchent leur nourriture grâce à leur odorat et leur ouïe (et non avec la vue) : les narines sont situés au bout du bec et leur permettent de sentir sous terre ! Ils possèdent des vibrisses à la base du bec, comme de nombreux mammifères. Ils pondent deux oeufs mais ce sont les seuls oiseaux dont les deux ovaires fonctionnent (tous les autres oiseaux n'ont que l'ovaire gauche qui fonctionne) : un oeuf est pondu et l'autre formé dans l'autre ovaire est pondu environ 1 mois plus tard. Ce sont, proportionnellement à la taille, les plus gros oeufs des oiseaux (un oeuf représente 25 % du poids d'une femelle de kiwi d'Owen, le plus petit des kiwis). Leur température corporelle est de 37°C (comme un mammifère) contre 40°C pour les autres oiseaux. Leurs os ne contiennent pas d'air comme les autres oiseaux, mais contiennent de la moelle (comme les mammifères). Bref, vous l'aurez compris, des oiseaux très très particuliers.
Pour les trouver de nuit, il faut d'abord les repérer au chant : le mâle et la femelle n'ont pas le même cri. Ce premier soir, nous entendrons environ 10 individus différents. Pour localiser plus précisément un individu, il faut écouter sans bouger leurs pas dans les herbes et les feuilles mortes. A la lueur de nos faibles lampes nous apercevrons enfin cet oiseau emblématique. J'ai tenté une petite photo au flash. Ce sera la seule, car nos guides préfèrent que nous n'utilisions pas de flash.
Bonjour à tous, je vous propose de vous emmener pendant quelques jours à l'autre bout du monde, aux antipodes de la France (presque 36 heures de voyage avec les escales !).
Il s'agit bien sûr de la Nouvelle Zélande où j'ai eu la chance de me balader pendant 3 semaines à l'automne dernier.
Je vous préviens tout de suite, ce sont surtout des oiseaux que nous avons vus (vous me connaissez !) et je n'ai pas grand chose d'autre en magasin (à part quelques cétacés et pinnipèdes).
Voici le trajet que nous avons fait sur l'île du Nord. Les pointillés représentent les trajets en bateau.
Frédéric
Carte île du Nord
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Et bien, ça va t'étonner
moi les piafs ça me va parfaitement !
Je m'installe et j'ouvre grand les yeux !
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Une fois arrivé à Auckland (la capitale économique), la première chose qui étonne l'ornithologue européen est le chant des oiseaux : ils sont connus !
En effet, les premières espèces que l'on voit et que l'on entend sont des oiseaux européens introduits par les colons britanniques au 19ème siècle. On retrouve donc des chardonnerets, des moineaux, des pinsons, des verdiers, des alouettes, des merles, des étourneaux, des grives etc ... on n'est pas perdu !
1. Chardonneret élégant Carduelis carduelis
Arrivé assez tôt, je me promène autour de mon hôtel pour chercher quand même quelques espèces néo-zélandaises à immortaliser, mais c'est difficile tellement les espèces introduites sont nombreuses.
Je trouve quand même un endroit où je peux m'asseoir : un petit trou d'eau près de l'hôtel où quelques espèces intéressantes ne vont pas tarder à se montrer.
2. Talève australe Poyphyrio melanotus
3. Zosterops à dos gris Zosterops lateralis
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Le lendemain, c'est le grand départ. Nous nous arrêtons d'abord le long de bras de mer pour admirer quelques anatidés.
4. Canard bridé Anas rhynchotis
5. Sarcelle australasienne Anas gracilis
Un peu plus au nord, nous trouvons le long de la mer de Tasmanie une belle colonie d'oiseaux de mer. Les fous se sont installés sur le rocher qui se découpe de la côte.
6. Colonie de Muriwai
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7. Colonie de fous
Les fous nous frôlent et passent à notre hauteur pour rejoindre les leurs. C'est l'idéal pour déclencher !
8.9.10 fou austral Morus serrator
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Quelques espèces un peu plus petites sont présentes et parfois j'arrive à détacher mon regard des incessants va et vient des fous pour essayer de les cadrer.
11. Mouette scopuline Larus scopulinus
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Déjà sur-le-cul-té par les fous et madame mouette
Il est très timide parait il mais bon... T'en as vu????
Laurence et moi regardions un reportage sur la Nouvelle Zéelande récemment et nous y avons découvert le fameux oiseau sans aile appelé "kiwi" alors
Sinon... vivement la suite
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Bonjour Frédéric
Je suis bien installée ; vas y!
ça commence bien , même très bien!
Amicalement,
Cécile
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Chouette !
Le pays à la crosse de fougère !
Quel beau début !
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OK, OK, je me tiens sage. Et j'attends la suite, même sans gros oiseaux sans ailes (sans ailes fonctionnelles, du moins).
Les fous, en colonie ou individuellement, sont terribles ! Et M'dame Mouette aussi.
Merci pour le partage, Frédéric !
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La mouette
et les Fous bien sûr !! Encore !
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Merci à vous tous pour vos commentaires, c'est très encourageant !
Alex, oui la Nouvelle Zélande est le pays des kiwis. J'en ai vu, mais pas de bonnes photos (dommage !).
On continue avec un taxon très très très menacé. Pour vous dire, il est endémique de Nouvelle Zélande et il ne reste que 43 adultes (dont 8 couples reproducteurs). Autant vous dire que la zone de reproduction est surveillée par des gardes. Nous avons eu beaucoup de chance : un adulte est venu pêcher devant nous !
12. 13. Sterne néréis de Nouvelle-Zélande Sternula nereis davisae
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Un petit arrêt sur le chemin dans une zone bien marécageuse nous a permis de trouver deux mégalures. Faut les repérer au chant, sinon, c'est impossible, car elles sont beaucoup trop planquées dans la végétation.
14. Mégalure matata Bowdleria punctata
Pour le pique-nique, quelques mouettes réclament (pire que la mouette de Gaston Lagaffe, nom d'une pipe !)
15. Mouette scopuline Larus scopulinus
Un petit peu plus tard, en soirée, nous sommes accueillis par une bénévole qui travaille sur la protection des kiwis. Pour nous mettre en bouche, elle nous emmène voir une chouette qui attend la nuit noire avant de s'envoler.
16. Ninox boubouk Ninox novaeseelandiae. Son drôle de nom anglais "Morepork" vient probablement de son chant, mais quelle idée d'appeler une chouette "un peu plus de cochon", non ?
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salut frédéric,
superbe début de carnet
vivement la suite, l'avifaune, moi, j'adore ça!!!!!
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Haaa génial tu as commencé ton carnet et ça démarre fort bravo
Pourquoi la population de cette Sterne est elle tombée aussi bas ?
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Ce carnet commence très bien
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J'adore ce fil !!
Remarque, Ninox boubouk, c'est pas mal non plusJe remarque que les noms "vernaculaires" (?) français de certains oiseaux que tu nous présentes ne sont pas, pour une fois, calqués sur les noms scientifiques, mais font preuve d'une certaine fantaisie. A quoi cela tient-il ? La présence de ces oiseaux dans d'anciennes colonies francophones ?
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Trève de plaisanterie, moi aussi je me demande pourquoi les effectifs de cette superbe sterne sont tombés si bas
Tu as une idée???
Merci
Alex
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Vincent et Alex : la sterne néréis a été victime des nombreux prédateurs introduits en Nouvelle-Zélande. A l'origine, il n'y avait pas de mammifères terrestres. On ne trouvait que des chauve-souris, des cétacés et des pinnipèdes. Les premiers envahisseurs furent les rats, introduits comme source de nourriture par les Mahoris. Puis les colons anglais ont voulu lutter contre les rats et ont introduit des chats et des mustelidés (hermine et putois). L'opposum fut introduit pour le commerce de la fourrure. Tous ces mammifères ont complètement modifié les écosystèmes en s'attaquant aux oiseaux. Actuellement, c'est l'hermine en tête suivie des rats et des opposums qui font le plus de dégâts.
Pour en revenir à notre sterne, elle est également menacée par le dérangement humain. Elle niche en effet sur des plages et des estuaires qui sont malheureusement trop fréquentés par les hommes (et de nombreux chiens).
Catherine, je ne sais pas du tout pourquoi les noms vernaculaires français sont si fantaisistes. Je ne pense pas que cela vienne de colonies francophones, car ces espèces nichent surtout en Nouvelle-Zélande et en Australie qui sont bien anglophones.
Frédéric
Répondre
Continuons notre balade. Pour situer sur la carte, nous sommes au point le plus au nord que nous ayons atteint. Nous sommes donc partis de nuit à la recherche des kiwis. Ces oiseaux sont vraiment à part. Ils se rapprochent plus de la biologie des mammifères que des oiseaux. Ils sont nocturnes, ne volent pas, et recherchent leur nourriture grâce à leur odorat et leur ouïe (et non avec la vue) : les narines sont situés au bout du bec et leur permettent de sentir sous terre ! Ils possèdent des vibrisses à la base du bec, comme de nombreux mammifères. Ils pondent deux oeufs mais ce sont les seuls oiseaux dont les deux ovaires fonctionnent (tous les autres oiseaux n'ont que l'ovaire gauche qui fonctionne) : un oeuf est pondu et l'autre formé dans l'autre ovaire est pondu environ 1 mois plus tard. Ce sont, proportionnellement à la taille, les plus gros oeufs des oiseaux (un oeuf représente 25 % du poids d'une femelle de kiwi d'Owen, le plus petit des kiwis). Leur température corporelle est de 37°C (comme un mammifère) contre 40°C pour les autres oiseaux. Leurs os ne contiennent pas d'air comme les autres oiseaux, mais contiennent de la moelle (comme les mammifères).
Bref, vous l'aurez compris, des oiseaux très très particuliers.
Pour les trouver de nuit, il faut d'abord les repérer au chant : le mâle et la femelle n'ont pas le même cri. Ce premier soir, nous entendrons environ 10 individus différents. Pour localiser plus précisément un individu, il faut écouter sans bouger leurs pas dans les herbes et les feuilles mortes. A la lueur de nos faibles lampes nous apercevrons enfin cet oiseau emblématique. J'ai tenté une petite photo au flash. Ce sera la seule, car nos guides préfèrent que nous n'utilisions pas de flash.
17. Kiwi de Mantell Apteryx mantelli
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