Hippopotamus Amphibius (Hippopotame)


Autres noms : Hippopotame, Kiboko.

Ordre : Artiodactyla
Famille : Hippopotamidae
Genre : Hippopotamus
Espèce : Hippopotamus amphibius

Etymologie : Hippo = cheval, "potamos" : le fleuve. Littéralement : cheval du fleuve.

Autres noms : chez les Mandingues et Bambaras (qui vivent au Mali notamment) l'hippopotame est nommé... MALI. C'est dire l'importance et la puissance évocatrice qu'il revêtait pour ce peuple.

Généralités :
Les hippopotames sont des suiformes, un vaste groupe qui comprend les cochons, les phacochères, les pécaris, les babiroussas...
Un hippopotame pèse jusqu'à 3 tonnes pour 4,5m de long. Il vit en moyenne 30 à 40 ans.

Répartition géographique :
Ils vivent dans les fleuves et les lacs d'Afrique intertropicale.

De grosses bêtes vulnérables :
Les ancêtres primitifs des hippopotames actuels vivaient en pleine forêt, mais avec la réduction progressive des forêts, ils ont peu à peu opté pour un mode de vie amphibie.
Leur peau ne supporte pas la déshydratation et le soleil. Ils s'en protègent donc en s'enduisant de boue lors des sécheresses ou en s'immergeant tout entiers dans l'eau durant la journée. Seuls émergent leurs petites oreilles, les narines et leurs yeux proéminents. Ils sécrétent aussi un liquide rougeâtre visqueux qui joue à la fois le rôle de "crême solaire" et d'antiseptique.
Les hippopotames supportent mal la sécheresse, surtout lorsqu'ils se trouvent confinés sur des mares qui s'assèchent progressivement. Ils sont alors souvent victimes de coups de chaleurs, de maladies diverses (de peau, intestinales...)

Nourriture :
Les hippopotames se nourrissent principalement la nuit. Ils quittent le fleuve pour les berges et enfournent en 4 à 5 heures environ 50 kilos de fourrage divers (plantes herbacées, feuilles de buissons...).
Le jour, ils "grignotent" des plantes aquatiques.

Leur vie sociale :
Les hippopotames vivent en société : les groupes vont de 10 à 15 individus et jusqu'à une 40aine. Il s'agit surtout de femelles accompagnées de leur petit de l'année. Les jeunes mâles, tant qu'ils ne représentent pas une menace pour le mâle dominant, sont tolérés.

Reproduction :
Les femelles acquièrent leur mâturité sexuelle vers l'âge de 9 ans, quant aux mâles, plus précoces, c'est à l'âge de 7 ans.
C'est le mâle dominant du harem qui s'accouple, assurant sa supériorité en ouvrant grand la gueule selon un angle de 150°. En signe de soumission, le dominé défèque ou remue la queue. Mais il arrive souvent que deux mâles se battent jusqu'à la mort. Leurs canines, effilées comme des dagues, peuvent atteindre plus de 60cm, et font du dégât dans la peau tendre, même si celle-ci est soutenue par beaucoup de graisse.
La reproduction intervient d'avril à août. La gestation dure 227 à 240 jours. Après les 8 mois de gestation, la femelle met bas un seul petit, très rarement des jumeaux.
A sa naissance, le petit pèse déjà une cinquantaine de kilos. Sa mère l'allaitera un an, le protégeant avec ses soeurs, des assauts du mâle dominant dans une pouponnière. Agé de 6 mois, le petit ne doit plus craindre son père qui s'en occupera, l'habituant progressivement aux combats. Le taux de mortalité des jeunes atteint plus de 20% la première année. Les petits sont parfois la proie des crocodiles qui parviennent quelquefois à écarter un petit imprudent du groupe où il était jusqu'alors protégé.
Après l'allaitement, la mère est au repos complet durant 4 mois, avant que ne se déclenchent à nouveau les chaleurs.

Des hippos et des hommes...
Jusqu'au début des années 80, à quelques kilomètres de Bamako, capitale du Mali, prospéraient de grands groupes d'hippopotames. Ils trouvaient dans le fleuve Niger toute leur subsistance. Ils partageaient cet espace avec les lamantins. De vastes bancs de sable leur permettaient de faire bombance. Parfois aussi, ils saccageaient quelques champs plantés sur les rives limoneuses du fleuve.
Seulement, le sable des bancs a peu à peu été ratissé par de grandes pirogues à fond creux. Ce sable a permis de fabriquer des parpaings. Les hommes bâtissaient des maisons en dur, les hippos perdaient leurs bancs de sable, et donc leur lieu de subsistance. Ils se sont alors aventurés plus souvent dans les champs...

L'hippopotame a toujours été craint. Il était chassé en pirogue, par des groupes d'hommes armés de lances, car un tel animal permettait de nourrir un village entier durant plusieurs jours. Mais si l'homme s'attaquait à l'hippopotame, ce n'était jamais de gaieté de coeur : Les hommes tentaient le plus souvent d'abattre une bête dangereuse, qui avait saccagé des champs ou qui avait déjà retourné des pirogues et causé la mort de ses occupants : l'hippopotame attaque de manière imprévue et fulgurante quand il est en rut ou lorsqu'une femelle est inquiète pour son petit. Il était sans doute bien plus craint que le lion. Les hommes savaient que durant la chasse, ils pouvaient perdre des compagnons (mauvais nageurs), ainsi que leurs pirogues.

... Empiétant sur les cultures vivrières de l'homme, ils ont été repoussés. Et ils s'en sont allés, se sont dispersés. Peut-être se sont-ils totalement éteints au Mali.

A l'heure actuelle, l'hippopotame est protégé dans 22 pays d'Afrique. Les plus fortes densités d'hippopotames seraient localisées à l'est de la République démocratique du Congo, et en Ouganda. Mais il ne faut pas oublier que les guerres civiles et le braconnage mettent sérieusement en péril cet étrange et imposant animal.

On trouve Hippopotamus Amphibius dans les pays suivants : Tanzanie, Kenya, Afrique du Sud (source : galerie photo)

Pour compléter votre recherche :

Hippopotamidés, Hippopotamidae

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